Pierre François, cinq ans...

Il y a 5 ans, le 14 février 2007, Pierre François nous quittait… Bernard Gasco, un de ses très nombreux amis,  nous rappelle son souvenir :
Il faudrait avoir ses mots, son regard d'affectueuse inquisition, son écoute, son coeur, son talent pour parler et écrire dignement de lui. A l'impossible nul n'étant tenu, gageons que l'amitié suffira, celle des décennies, celle d'aujourd'hui et de toujours. Il y a cinq ans le téléphone a sonné tôt le matin parce que la veille il avait dit au revoir puis adieu... « Adieu », c'est le bonjour des Sétois, là c'était la dernière fois... Comme la Lune, idiot, terrible, ça n'avait aucun sens et c'est toujours aussi catastrophique, de plus en plus absurde... Restent ses trésors, les marques, les traces de l'artiste, son multiple et puissant travail, ses luttes graves, sereines, ses fantaisies, l'oeil qui faisait d'un pavois un ami et d'une affiche lacérée la dentelle d'une finale de la Saint-Louis. Les vrais, les grands connaissent leur valeur mais ne se placent humainement au-dessus d'aucun autre, ils côtoient des absolus qui vous font humble. Lui poussait la modestie trop loin, là où la notoriété vous punit de ne pas ramper. Si la bêtise « n'était pas le fort » de Valéry, si la simplicité était naturelle à Brassens, Pierre François ignorant la reptation des courtisans, avait refusé les mirages parisiens. Il était droit, il était doux mais intransigeant. Nous pensons à lui, grand Sétois, et aux siens. Nous feuilletons ses livres, ses lettres, sourions de ses illustrations, enfance, poésie. Nous caressons ses dessins, ses huiles, ses gravures. Nous voudrions en quelque sorte étreindre de tels inépuisables cadeaux.
Les bras chargés, il vient de pousser le portail avec Maryse, nous nous embrassons... « Ô  jeune ! »  Il y a longtemps que je t'aime, Pierrot.

***

L'ami Pierre Lasne commente ce texte:
"Superbe hommage à Pierre François dans la lettre... Il m'avait dessiné une superbe pochette pour mon album chez Barclay (1976). Quand Leo Missir (Vice Président de Barclay) a vu ce que je lui proposais comme pochette, il m'a répondu : "C'est quoi ces gribouillis ?"
Leo Missir est mort la même année que Pierre... Je suis allé à l'enterrement de Pierre, pas à celui de Missir..."

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